Le modèle Individual Placement and Support (IPS) est une approche de soutien à l’emploi des populations en situation de vulnérabilité, notamment les personnes vivant avec des troubles psychiques sévères.
Ce modèle postule :
A ce titre, il s’inscrit dans le paradigme du rétablissement en santé mentale (voir encadré ci-dessous) qui se caractérise par des interventions personnalisées, conçues pour appuyer les personnes dans le développement de leurs capabilités en agissant également sur l’environnement.
IPS est donc également en phase avec le modèle basé sur les droits humains promu par la Convention des Nations Unies relatives aux droits des personnes handicapées.
Le concept de rétablissement émerge dans les années 70 dans l’effervescence des mouvements pour les droits civiques en Amérique du Nord. Des (ex-)usagers de la psychiatrie se mobilisent pour revendiquer :
A la suite, la notion de rétablissement personnel se développe pour désigner le processus vécu par les personnes concernées.
Ces dernières mettent en avant la part prépondérante des déterminants sociaux de la santé dans leur parcours.
Elles définissent également les facteurs sur lesquels reposent leur rétablissement : les relations sociales, l’espoir, les questions d’identité et du sens, ainsi que la nécessité de développer le pouvoir d’agir.
C’est sur cette base que vont se développer à partir des années 80 des interventions en santé mentale inspirés par les besoins exprimés par les personnes concernées, dont le modèle IPS.
Le modèle IPS consiste :
Dans une perspective d’inclusion sociale et professionnelle, il s’agit de faciliter le recrutement des personnes sur le marché du travail classique sur des postes ouverts à tout un chacun.
L’action des services IPS est donc complémentaire aux offres de travail protégé (ESAT, etc) ou subventionné (SIAE, etc).
Toute personne en âge de travailler et en conformité administrative pour occuper un emploi est éligible au programme sans prérequis. Quelle que soit la situation sanitaire ou sociale des candidats, l’accompagnement se base sur la volonté des personnes, sans préjuger des chances de réussite.
Le postulat est que nul n’est inemployable à priori.
Le modèle promeut un accès rapide à l’emploi en limitant les phases préparatoires (évaluation, stage, formation, etc). Il s’agit de répondre aux besoins effectifs des candidats en leur permettant d’accéder le plus vite possible à un travail rémunéré et à les appuyer dans le développement de leurs capacités en contexte réel de travail dans une logique d’expérience accompagnée.
Dans une perspective d’autodétermination et du développement du pouvoir d’agir et de choisir, l’accompagnement s’appuie sur les préférences des personnes. Ces préférences peuvent concerner le métier visé, les conditions de travail, le dévoilement de l’état de santé ou du statut, voire les lieux de rencontre avec les job coachs.
Le soutien se poursuit après l’obtention d’un emploi et tant que le candidat le juge nécessaire afin de favoriser inclusion professionnelle pérenne et développement de carrière. La fin du suivi n’est pas conditionnée par l’assiduité, l’observance d’un programme de soin ou les comportements des candidats, mais seulement par leur volonté d’y mettre fin.
Le modèle implique une collaboration étroite entre professionnels de santé mentale, autres intervenants (social, SPE, proches, etc.) et les job coachs. Il s’agit ainsi de créer un réseau de soutien autour de la personne et de prendre en compte toutes les dimensions de sa situation afin de faciliter son parcours de rétablissement.
L’activité des job coachs IPS se distingue également par une démarche de médiation active à l’emploi et au recrutement. Il s’agit d’une part d’être en mesure de proposer aux candidats des postes et environnements de travail correspondant réellement à leurs préférences et de l’autre de pouvoir appuyer les employeurs selon leurs besoins dans toutes les phases de la relation contractuelle (sourcing, soutien au recrutement, au développement des compétences, aménagements, fin du contrat de travail, etc).
Les candidats reçoivent de l’information fiable et individualisée sur les conséquences de la reprise ou de la perte d’un emploi. Il s’agit de leur permettre d’anticiper leur situation financière et de réaliser des choix éclairés quant à la pertinence de faire évoluer leur situation afin d’optimiser leurs revenus en fonction de leurs priorités
Au-delà de ses valeurs, la raison de la diffusion internationale du modèle repose sur son efficacité en termes d’accès et de maintien dans l’emploi. Depuis plus de 30 ans, il a en effet donné lieu à des dizaines d’études randomisées montrant systématiquement qu’il est plus performant que les méthodes d’insertion ou de réhabilitation professionnelle classiques pour les personnes en situation d’exclusion.
(Bond et al., 2019) : Ce schéma est issu d’une méta-analyse de 24 études randomisées à travers le monde.
Il montre que le modèle IPS (en jaune dans le graphique) est systématiquement plus efficace en termes d’accès et de maintien dans l’emploi que les accompagnements habituels (en rouge dans le graphique : réhabilitation et insertion professionnelle, service public de l’emploi, etc.)
Le modèle initial implique que le service IPS soit intégré au sein d’une équipe clinique pluridisciplinaire.
Les job coachs font alors partie de l’équipe de soins, et les candidats à l’emploi sont exclusivement des patients du service en question.
Depuis les années 90, le modèle s’est toutefois déployé selon diverses modalités selon les contextes institutionnels et géographiques.
Dans une variante au modèle originel, le service IPS intégré à un ESSMS peut accompagner d’autres candidats, orientés par des partenaires externes.
Il peut s’agir d’autres établissements de santé mentale, sociaux ou médico-sociaux, le service public de l’emploi ou la MDPH comme c’est le cas pour les plateformes d’emploi accompagné mettant le modèle IPS en oeuvre.
Depuis les années 90, le modèle s’est toutefois déployé selon diverses modalités selon les contextes institutionnels et géographiques.
Dans une variante au modèle originel, le service IPS intégré à un ESSMS peut accompagner d’autres candidats, orientés par des partenaires externes.
Il peut s’agir d’autres établissements de santé mentale, sociaux ou médico-sociaux, le service public de l’emploi ou la MDPH comme c’est le cas pour les plateformes d’emploi accompagné mettant le modèle IPS en oeuvre.
Enfin, le service de soutien à l’emploi peut être externalisé par les établissements sanitaires, sociaux ou médico-sociaux sur un prestataire externe, comme dans le cas de la plateforme d’accompagnement de Working First.
Dans ce cas, les équipes partenaires conventionnées orientent des candidats sur le service IPS pour un accompagnement conjoint.
Les personnes peuvent également être adressées :
IPS est pensé comme une intervention collective, dont le noyau est l’«unité vocationnelle» qui est supposée se composer à minima de deux job coachs et d’un coordinateur ou une coordinatrice.
Il s’agit ainsi de mutualiser ses ressources et compétences, notamment en termes de relation employeur. Les principes de co-références ou multi-références permettent par ailleurs d’assurer la continuité du service intensif pour les candidats, indépendamment des contraintes des uns ou des autres.
Les job coachs IPS proposent avant tout un accompagnement «orienté rétablissement en santé mentale».
Ils ont donc vocation à :
Au-delà de leur maîtrise des techniques de recherche d’emploi classiques, les job coach IPS (employment specialist dans la terminologie originelle) ont vocation à développer des relations approfondies avec les employeurs.
Ils les appuient dans les processus de recrutement, d’intégration et de fidélisation voire de sortie des salariés.
Ils jouent également un rôle clés d’information sur les évolutions des situations sociales et financières des personnes accompagnées.
Enfin, ils coopèrent étroitement avec les intervenants sanitaires et sociaux impliqués dans les parcours des salariés.
Depuis juillet 2024, l’activité de job coach IPS est inscrite au Répertoire Spécifique France Compétence (RS6683).
Les coordinateurs et coordinatrices IPS (supervisor en anglais), garantissent le bon fonctionnement de l’équipe en assurant la formation continue, le mentorat et un appui technique aux job coachs. De plus, ils développent et entretiennent le réseau partenarial et contribuent à l’activité de relation aux employeurs.
Ils sont aussi garants du suivi-évaluation de l’activité et de la qualité des services rendus en phase avec les critères de fidélité au modèle.
Le soutien à l’emploi s’organise autour de procédures, de modalités organisationnelles et d’outils spécifiques.
Concernant les procédures, il s’agit notamment de limiter le temps d’accès du candidat entre l’expression de sa demande de travailler et son accès au service de job coaching.
De même la durée de l’évaluation vocationnelle est réduite à la portion congrue, et les premiers contacts avec des employeurs ciblés se font rapidement.
Les job coachs ont pour assurent a minima un échange par semaine avec chaque candidat dans les phases de recherche et d’intégration d’un emploi.
Ils suivent également des objectifs en termes de nombre de contacts employeur. La gestion de la file active, d’une éventuelle d’attente ou de la fin de l’accompagnement donnent également lieu à des process dictés par les choix des personnes accompagnées.
En termes organisationnels, le modèle IPS se caractérise d’abord par :
Ils suivent également des objectifs en termes de nombre de contacts employeur. La gestion de la file active, d’une éventuelle d’attente ou de la fin de l’accompagnement donnent également lieu à des process dictés par les choix des personnes accompagnées.
Enfin, l’accompagnement s’appuie sur une série d’outils spécifiques qui puisent dans le réservoir/le stock/ des pratiques orientés rétablissements (WRAP, DAIP, Approche centrée sur les forces, etc.) adaptées au soutien à l’emploi.
Il s’agit notamment du «profil de carrière», qui permet d’explorer et répertorier les capacités, ressources, motivations et éventuelles limites des personnes au fil du suivi.
Ce sont également les plans « d’action », « de dévoilement» ou encore de « prévention et mieux être » qui structurent et constituent à la fois des supports d’autodétermination, de connaissance et d’affirmation de soi.
Concernant les procédures, il s’agit notamment de limiter le temps d’accès du candidat entre l’expression de sa demande de travailler et son accès au service de job coaching.
De même la durée de l’évaluation vocationnelle est réduite à la portion congrue, et les premiers contacts avec des employeurs ciblés se font rapidement.
Les job coachs ont pour assurent a minima un échange par semaine avec chaque candidat dans les phases de recherche et d’intégration d’un emploi.
Ils suivent également des objectifs en termes de nombre de contacts employeur. La gestion de la file active, d’une éventuelle d’attente ou de la fin de l’accompagnement donnent également lieu à des process dictés par les choix des personnes accompagnées.
En termes organisationnels, le modèle IPS se caractérise d’abord par :
L’organisation passe par des outils partagés, une supervision hebdomadaire dédiée au suivi des parcours et à la relation entreprise, ainsi que la participation aux réunions des équipes cliniques.
Enfin, l’accompagnement s’appuie sur une série d’outils spécifiques qui puisent dans le réservoir/le stock/ des pratiques orientés rétablissements (WRAP, DAIP, Approche centrée sur les forces, etc.) adaptées au soutien à l’emploi.
Il s’agit notamment du «profil de carrière», qui permet d’explorer et répertorier les capacités, ressources, motivations et éventuelles limites des personnes au fil du suivi.
Ce sont également les plans « d’action », « de dévoilement» ou encore de « prévention et mieux être » qui structurent et constituent à la fois des supports d’autodétermination, de connaissance et d’affirmation de soi.
L’un des facteurs de succès du modèle est sa standardisation, matérialisée par l’ «échelle de fidélité IPS-25 ».
Elle est omposée de 25 critères d’évaluation.
Cette échelle explore le fonctionnement d’un service IPS en se focalisant sur :
Les «visites de fidélité» IPS donnent lieu à un score standardisé qui permet de réaliser des comparaisons internationales ainsi qu’à un «plan d’action de fidélité».
Au-delà de sa nature évaluative, l’échelle de fidélité IPS-25 constitue donc avant tout un puissant outil d’apprentissage et d’amélioration des services.
Au début des années 90, le Centre de Santé Mentale de Darmouth (New Hampshire, Etats-Unis) répond à la demande d’une majorité de ses patients qui souhaite travailler dans des entreprises classiques.
Travail = bonne santé mentale
En effet, le travail est clairement identifié comme un facteur de bonne santé mentale.
Au-delà des revenus qu’il génère et de l’autonomie qui en découle, le travail :
travail = réduction des symptômes et déstigmatisation
De plus, pour les personnes concernées par les troubles psychiques sévères (Jäckel et al., 2017), il permet en effet d’améliorer la qualité de vie, la motivation et la confiance en soi, peut contribuer à la réduction des symptômes et à la déstigmatisation (Oudejans et al., 2021).
Le directeur du centre, le Dr Robert Drake, s’adjoint les services de Mme Deborah Becker, conseillère en réhabilitation professionnelle.
Ensemble, ils lancent une expérimentation randomisée. Celle-ci va rapidement donner des résultats spectaculaires en termes d’accès et de maintien dans l’emploi.
Cette expérience va déboucher sur la modélisation d’une méthodologie d’accompagnement : Individual Placement and Support.
Par la suite, ils s’associent à M. Gary Bond, chercheur en sciences sociales, spécialisé dans les « implementation sciences » pour la partie recherche et évaluation adossée à leurs pratiques.
De cette collaboration vont naître plusieurs études.
Elles vont permettre au modèle de commencer à se diffuser de manière isolée dans plusieurs centres de Santé Mentale sur la côte Est des Etats-Unis
A ces fins, ils lancent l‘IPS Learning Community . Il rassemble les acteurs et apporte un soutien technique et financier aux porteurs de projet IPS.
Dans le cadre du programme d’essaimage, ce ne sont pas moins de 30 Etats américains et 7 pays qui ont intégré la communauté apprenante.
L’intérêt des acteurs américains de la santé mentale s’accroît avec les publications scientifiques. L’équipe de Darmouth va fonder l’IPS Employment Center, centre de ressources dédié au modèle, avec le soutien financier de la Fondation Johnson and Johnson.
L’ambition est d’essaimer le modèle à grande échelle.
Au-delà des membres de la Communauté, le modèle est également implanté dans une quinzaine de pays d’Europe, au Japon, en Chine, en Iran, au Mexique ou encore en Australie.
Aujourd’hui, sa mise en œuvre est de plus en plus encouragée dans les programmes politiques internationaux et s’inscrit dans les agendas politiques européens :
Cette organisation, comme le Réseau européen pour la promotion de la santé au travail (ENWHP) (OCDE, 2022) appelle à une articulation plus forte entre les modèles d’aide à l’emploi tels que l’IPS et les domaines transversaux :
De son côté, l’OMS préconise des approches d’insertion professionnelle fondées sur des données probantes et centrées sur la personne au sein des systèmes de santé mentale (OMS, 2021).
✓OUI. Le modèle fait la preuve de son efficacité dans tous les contextes où il est implanté. C’est le cas en Amérique du Nord et Centrale, mais également dans une vingtaine de pays européens, au Japon, en Iran ou en Nouvelle-Zélande.
✗ NON. Comme pour tout un chacun, l’obtention d’un emploi est tributaire de facteurs personnels (emploi visé, capacités et ressources individuelles, etc) et externes (conjoncture économique, caractéristiques du bassin de l’emploi, etc).
✓OUI. Si les services IPS focalisent leur action uniquement sur l’accès et le maintien dans l’emploi, ce dernier est envisagé comme un support permettant de contribuer au rétablissement personnel des personnes.
✗ NON. Le modèle IPS vise à répondre à la demande des personnes qui souhaitent travailler.
✓ et ✗ OUI et NON L’emploi accompagné (supported employment) est une pratique née dans les années 80 aux Etats-Unis pour l’accompagnement des personnes vivant avec une déficience intellectuelle. IPS est une méthode d’emploi accompagné orientée rétablissement initialement modélisée pour les personnes vivant avec des troubles psychiques sévères. L’emploi accompagné renvoie également à des politiques publiques, dont certains dispositifs impliqués utilisent le modèle IPS.
✗ NON. IPS est une intervention collective. Un coach professionnel indépendant pourra néanmoins s’en inspirer dans sa pratique.
✓
OUI. L’organisme WFX Formations est la référence française en la matière. Il est également possible de se former à distance en passant par l’IPS Employment Center .
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